Accueil » Actualité » La cataracte (2)

La cataracte (2)

La cataracte (2)

L’ophtalmologiste japonais applaudi par le monde entier (2ème partie)

La cataracte n’a plus de secret pour Akahoshi Takayuki

Les réactions surprenantes du corps médical japonais

La technique inventée par Akahoshi Takayuki pour soigner la cataracte a suscité des réactions pour le moins inattendues. Une partie du corps médical japonais a en effet exprimé la crainte de voir le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales réduire la rémunération versée aux chirurgiens pour l’opération de la cataracte à cause de la diminution de la durée de l’intervention. Le docteur Akahoshi dit qu’on lui a même vivement conseillé de « ne pas révéler aux médias que l’opération peut se faire en 5 minutes », et de « dire qu’elle dure une heure et requiert la présence de quatre praticiens expérimentés ». Mais l’ophtalmologue japonais n’a pas baissé les bras pour autant.

« D’autres médecins prétendent que les patients soumis à une opération de la cataracte doivent être hospitalisés alors que la méthode de découpe préalable du cristallin (phaco prechop) peut parfaitement se dérouler dans la cadre de la chirurgie ambulatoire. D’ailleurs, la majorité des patients âgés de 50 ans et plus préfèrent de loin ne pas rester à l’hôpital, dans la mesure du possible. J’ai donc continué à travailler dans ce sens, sans me préoccuper des pressions de toutes sortes auxquelles j’ai eu droit. »

Akahoshi Takayuki au cours d’une opération de la cataracte. Grâce à la technique révolutionnaire qu’il a inventée, l’intervention dure moins de 5 minutes. Elle est effectuée sous contrôle visuel indirect, à travers l’oculaire d’un microscope opératoire.

Un ophtalmologue plus apprécié à l’étranger que dans son propre pays

Cela fait un quart de siècle qu’Akahoshi Takayuki a inventé la technique chirurgicale « phaco prechop ». Au fil du temps, il a fini par rallier de plus en plus de soutiens à sa cause. À l’heure actuelle, quelque 1 800 médecins japonais lui confient leurs patients affectés par la cataracte. Le nombre des interventions pratiquées au Mitsui Memorial Hospital, où il travaille, a atteint le chiffre record de 7 200 par an. Le docteur Akahoshi opère également dans d’autres établissements hospitaliers si bien qu’en 2015, il a effectué au total plus de 10 000 opérations de la cataracte.

« En 1996, j’ai présenté ma nouvelle méthode aux États-Unis en effectuant une opération de démonstration en direct, à la demande de l’Académie américaine d’ophtalmologie (AAO) de San Francisco, l’organisme le plus influent dans le monde en matière d’ophtalmologie. Je suis le premier Japonais à avoir eu cet honneur. Les images provenant de mon microscope opératoire ont été transmises en direct par satellite et projetées sur un grand écran devant les milliers de médecins venus participer à l’assemblée annuelle de l’AAO. Quand l’intervention a pris fin, tout le monde s’est levé et j’ai eu droit à une véritable ovation. Ma méthode a été totalement approuvée par l’assistance. J’ai été également invité au Canada par le grand ophtalmologue Howard Gimbel. Il m’a lui aussi demandé d’opérer en direct devant des praticiens. J’ai été très impressionné par sa grandeur d’âme parce que, d’une certaine façon, mes méthodes remettent en cause les siennes. »

Akahoshi Takayuki est invité chaque année par de nombreux pays à participer à des colloques où il présente sa nouvelle méthode pour opérer la cataracte. Des images de l’intervention effectuée en direct sont projetées dans la salle de conférence, comme ci-dessus.

Chaque année, le docteur Akahoshi reçoit de nombreuses invitations en provenance de l’étranger lui demandant de donner des conférences et d’effectuer des interventions de la cataracte en direct. À ce jour, il s’est rendu dans plus de 66 pays différents. Ces nombreux voyages ont aussi le mérite de lui permettre d’approfondir ses connaissances sur la maladie qu’il combat. « Les symptômes de la cataracte varient d’un pays et d’une région à l’autre. Dans les zones situées près de l’équateur ou fortement exposées aux rayons ultra-violets, par exemple, le cristallin finit par devenir aussi dur qu’une pierre. Retirer une lentille durcie en utilisant les techniques classiques de phacoémulsification demande beaucoup de temps et multiplie les risques de complications. Mais la méthode que je préconise n’a pas cet inconvénient puisque le cristallin est pulvérisé avant d’être extrait. L’intervention peut donc se faire rapidement et en toute sécurité. « Phaco prechop » est de plus en plus utilisé en Amérique centrale et du Sud, en particulier au Brésil et au Mexique. »

Le 29 Nov 2017

In nippon.com

…./….

A suivre

 

Tags :

À propos Med-Chérif Boulebier

Enseignant-chercheur. Département de Biologie et Ecologie. Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie. Université Mentouri Constantine.

Leave a Reply

Votre adresse mail ne va pas être publiée. Required fields are marked *

*

Revenir en haut