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Glyphosate:Une alternative?

Glyphosate:Une alternative?

Il existe une alternative non toxique et française au glyphosate

L’entreprise bretonne Osmobio a mis au point un herbicide à base de plantes qui n’a pas d’effets néfastes pour l’environnement. Après des premiers tests en laboratoire et une expérimentation de deux ans sur les routes bretonnes, il attend désormais d’être autorisé à la vente. Interview de Jacques Le Verger, directeur d’Osmobio.
Photo à la Une: Osmobio, une future alternative au glyphosate ? © Benoit vandestick – Licence : Tous droits réservés

Quelles sont les caractéristiques de votre produit ?

Les composantes proviennent d’extraits de plantes. Je ne peux évidemment pas donner plus d’informations à ce sujet. J’ai sélectionné différentes plantes sur lesquelles j’ai pu tester différentes formules pour vérifier si ces extraits de plantes pouvaient apporter une activité phytosanitaire en vue d’avoir un effet direct sur la perturbation du métabolisme des végétaux. Autrement dit de faire cesser la croissance des plantes et les faire disparaître.

C’est un travail que j’ai engagé durant une très longue période. Progressivement, j’ai fini par découvrir des plantes qui contenaient des actifs qui commençaient à faire apparaitre une action herbicide. C’est tout ce travail de recherche qui m’a amené à découvrir les actifs les plus performants. J’ai donc retenu des extraits qui, une fois associés, ont permis la création du produit.

Pourquoi est-ce moins nocif pour l’environnement que le glyphosate ?

En effet, ce n’est pas parce que c’est issu des plantes que c’est de fait moins nocif. On a soumis le produit aux tests scientifiques pour examiner ses effets sur la personne qui va l’utiliser et ensuite savoir si les rejets ont une incidence sur l’écosystème. On s’est adressé à un laboratoire agréé pour ce type d’études. C’est le laboratoire public Ineris. Les tests ont permis au laboratoire de conclure, en 2012, que le produit n’entrait pas dans les classements toxicologiques comme c’est le cas des produits venant de la chimie.

Avez-vous également procédé à des tests en extérieur ?

Dès les résultats des tests d’Ineris j’ai envisagé un essai terrain. Nous avons testé le produit sur les routes bretonnes, durant deux ans avec le concours de la Direction Interdépartementale de Routes de l’Ouest (DIRO). Il fallait s’assurer que dans des conditions d’utilisation en extérieur, le produit apportait bien son bénéfice, qu’il était efficace sur de multiples flores que l’on ne teste pas en laboratoire. A l’issue de ces deux années de test, la DIRO a confirmé dans un rapport, en 2014, que le produit était tout à fait efficace et correspondait à leurs attentes.

C’était donc en bonne voie pour envisager une commercialisation ?

Le laboratoire m’a donc encouragé à poursuivre la démarche auprès de l’ANSES en me proposant un appui direct pour le présenter les résultats obtenus lors de ces deux premières études. C’est ce qui doit me permettre de finaliser le plan d’action où vont venir s’ajouter de nombreuses études complémentaires qui vont venir étayer un dossier complet que nous remettons à l’ANSES pour qu’il puisse évaluer le produit dans sa globalité. Ce qui n’a pas pu être fait suite au refus de l’ANSES d’organiser un rendez-vous. Nous ne savons pas pourquoi.

L’ANSES ne donne pas plus d’information ?

Aujourd’hui, je me rends compte que cette médiatisation autour du glyphosate nous a permis de faire savoir que nous détenions une solution qui pourrait venir en alternative au glyphosate. J’ai noté que l’ANSES est désormais tout à fait disposée à nous rencontrer. Ce qui va se faire très rapidement. Sans avoir besoin de disposer de l’appui particulier d’un laboratoire ou de personnes de l’administration. Je suis très confiant, car je connais bien mon produit.

Envisagez-vous des évolutions en cas de commercialisation ?

Je suis en train d’optimiser le désherbant, car il y a aussi nécessité d’aborder les problématiques de l’agriculture et des professionnels. Alors qu’au départ c’était pour le jardinier amateur. Ça veut dire qu’on va ne donc pas continuer comme cela de formuler avec un extrait naturel qui contient énormément de molécules alors que seule une partie d’entre elles sont nécessaires. On aura ainsi un produit aussi efficace voir plus efficace en utilisant des doses plus réduites. En faisant cette démarche, on s’inscrit aussi dans l’écologie : moins de volume de produit pour le même résultat. Cela permettra aussi de mieux maitriser la stabilité de la formulation. Alors que dans un complexe d’origine naturelle il y a toujours un risque de ne pas avoir une régularité parfaite dans les actifs des plantes. La volonté c’est aussi d’obtenir un produit économique pour les utilisateurs. Efficace, écologique et économique.


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Le 09 janvier 2018

In notre-planete.info

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À propos Med-Chérif Boulebier

Enseignant-chercheur. Département de Biologie et Ecologie. Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie. Université Mentouri Constantine.

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