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Cargo 100% électrique: Vous connaissez ?

Cargo 100% électrique: Vous connaissez ?

La Norvège construit un cargo 100% électrique et autonome

Première mondiale à l’Indice de Développement Humain depuis plusieurs décennies, considérée en 2007 comme le pays « le plus pacifiste » au monde par le Global Peace Index, et en 2011 comme le pays « le plus démocratique » par The Economist, la Norvège refait aujourd’hui parler d’elle, et toujours en bien. Le pays scandinave, en pointe en matière d’électrification des moyens de transports, se lance aujourd’hui un nouveau défi : mettre à l’eau, d’ici 2020, le Yara Birkeland, un cargo 100% électrique et autonome (donc sans marins à bord).

Crédits : Kongsberg

Kristian Birkeland est un physicien norvégien décédé en 1917, connu pour avoir expliqué scientifiquement les aurores polaires. Ce héros national a aussi inspiré le nom du cargo autonome censé transporter, dans un futur proche, des engrais dans les différents ports de Norvège. Derrière ce projet, un partenariat entre le groupe industriel Kongsberg, spécialisé dans la Défense, et le fabricant d’engrais Yara International.

Une centaine de conteneurs

En déplaçant le transport de fertilisants de la route vers la mer, les concepteurs veulent réduire les émissions nationales de CO2 et de NOx (oxyde d’azote). À terme, Yara Birkeland devrait pouvoir transporter une grosse centaine de conteneurs.Sa batterie électrique doit lui permettre d’économiser l’équivalent de 40 000 voyages en camion par an entre les ports de Porsgrunn (tout à l’ouest sur la carte ci-dessous), Breivik (au centre), et Larvik (dans l’est du pays).

La route qu'empruntera Yara Birkeland

                                                 En rouge, la route qu’empruntera le Yara Birkeland d’ici fin 2018.

Navigation autonome

Kongsberg et Yara International se donnent 2018 comme date butoir pour la finition du bateau, qui devra être mis à l’eau et testé avec un capitaine et une petite équipe dès la fin de l’année prochaine. Si tout se passe comme prévu durant la phase de test, le cargo pourra naviguer de manière autonome en 2020. Le navire, tel un mini-drone, est censé être en mesure de détecter la présence sur l’eau d’autres bateaux, et définir par lui-même la meilleure trajectoire à suivre pour éviter une collision.

Pendant la phase de test, des opérateurs restés sur Terre suivront le parcours du bateau en temps réel, et pourront reprendre le contrôle en cas d’urgence. Mais l’objectif ultime du Yara Birkeland est d’être capable, à terme, de réaliser les manoeuvres d’accostage dans les ports sans le moindre humain aux commandes.

On entre dans une ère durant laquelle le trafic maritime « propre » va exploser

La vraie innovation de ce cargo autonome, c’est qu’il sera à 100% électrique. Une caractéristique qui n’est pas sans rappeler Energy Explorer, un autre bateau éco-responsable dont nous vous parlions il y a quelques jours. Le fait qu’un cargo aussi gros n’ait pas besoin d’énergie fossile pour avancer et n’émette pas de CO2 annonce, d’après Yara International et Kongsberg, l’entrée dans une nouvelle ère durant laquelle le trafic maritime « propre » va exploser. Le projet Yara Birkeland consitue ainsi, d’après eux, « un grand pas en avant vers l’augmentation de trafic du transport maritime ». Un trafic qui ne cesse d’augmenter, mais qui pèse tout de même aujourd’hui environ 3% des émissions mondiales de CO2. Surtout, on estime aujourd’hui qu’un seul cargo pollue autant que 50 millions de voitures

Pour que des navires de ce type deviennent la norme et non plus l’exception, il faut cependant parvenir à faire baisser leur coût. Car selon le Wall Street Journal, le coût de fabrication et d’utilisation du Yara Birkeland est trois fois supérieur à celui d’un cargo classique, pour une même capacité de contenu. La disparition des besoins en carburant et des frais liés à l’embauche de marins pourrait cependant permettre de réduire, à terme, les coûts de fonctionnement de 90%, d’après les calculs du WSJ.

Autre préoccupation pour le futur : il faudra s’assurer que des « cyberpirates des mers » ne prennent pas le contrôle du Yara Birkeland. Bon, la mer de Norvège, question sécurité, ça n’est pas vraiment le Golfe d’Aden, mais on n’est jamais trop prudent…

Illustration à la Une : Une modélisation 3D de YARA Birkeland – Crédits : Kongsberg

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À propos Med-Chérif Boulebier

Enseignant-chercheur. Département de Biologie et Ecologie. Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie. Université Mentouri Constantine.

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